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Santé mentale

Premiers secours en santé mentale : non, je ne suis pas devenue psy

Cogit'Hommes · September 25, 2026 · 5 min
Deux personnes échangent autour d'une tasse de café, dans un moment d'écoute.

La semaine dernière, j'ai passé deux jours à apprendre ce que sont les premiers secours en santé mentale, avec un certificat de secouriste à la clé. Désormais, je sais que « secoue-toi un peu » ne figure dans aucun protocole de soin.

Le sujet est grave. Ce n'est pas une raison pour l'éviter. Voici donc ce qu'est un secouriste en santé mentale, ce qu'il n'est surtout pas, et pourquoi cette formation a fait évoluer ma posture.

Secouriste en santé mentale : de quoi parle-t-on ?

Le principe est le même que pour les premiers secours « classiques ». Savoir mettre quelqu'un en position latérale de sécurité permet d'agir utilement en attendant un professionnel. Cela ne transforme pas le secouriste en urgentiste. Les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) appliquent cette logique aux troubles psychiques.

Lors de cette formation, j'ai appris à repérer les signes des troubles les plus fréquents (dépression, troubles anxieux, troubles psychotiques, usage problématique de substances). J'ai aussi appris à réagir face à une crise.

Tout repose sur un plan d'action en cinq temps, résumé par l'acronyme AERER :

Contexte actuel

Selon l'enquête européenne sur la santé EHIS, environ 6 % des Européens de 15 ans et plus présentent un syndrome dépressif. La France atteint 11 %, le taux le plus élevé du continent. Autrement dit : dans une salle de formation de dix personnes, la probabilité que l'une d'elles traverse une dépression n'a rien de théorique.

Autre chiffre qui refroidit : en 2022, la France a enregistré environ 9 200 décès par suicide, contre 3 550 morts sur les routes de métropole. Près de 2,6 fois plus. Pour la route, nous avons des radars, des campagnes d'affichage et un permis à points. Pour la santé mentale, nous avons… la machine à café. C'est un début, mais c'est un peu court.

Ce que fait le secouriste (et surtout ce qu'il ne fait pas)

Ce qu'il fait

Ce qu'il ne fait pas

Il ne pose pas de diagnostic. Il ne fait pas de thérapie. Il ne remplace ni le médecin, ni le psychologue, ni le psychiatre. Son rôle s'arrête à l'orientation, et c'est très bien comme ça.

Un secouriste en santé mentale ne devient pas psychologue au bout de deux jours, sauf s'il l'était déjà avant. En ce qui me concerne, ce n'est ni mon métier ni ma vocation. Et le savoir est probablement la chose la plus utile que cette formation m'ait apprise.

Les phrases malheureuses : on en a tous en stock

« Allez, ça va passer. »

« Tu as tout pour être heureux. »

« Moi aussi je suis crevée, hein. »

« Pense à autre chose. »

Ces phrases partent d'une bonne intention. Elles tombent pourtant souvent à côté, parce qu'elles minimisent ce que l'autre vit ou ramènent la conversation à soi. Les symptômes d'un trouble anxieux ou d'une dépression restent méconnus, et il est facile de confondre un coup de fatigue et un épuisement profond.

Ce que ça change dans ma posture de formatrice et de coach

En formation

La formation PSSM a confirmé que bien-être et mal-être au travail sont des sujets sérieux, méritant d'être traités comme tels.

Le métier de formateur amène forcément des temps d'écoute et d'échange en dehors du programme : pause café, déjeuner, fin de journée quand la salle se vide. La parole peut se libérer à ces moments-là. Cette formation a aussi renforcé une idée : le formateur peut être, pour un participant, une personne à qui confier une difficulté, voire signaler une situation préoccupante. Au formateur, ensuite, de passer le relais, avec l'accord de la personne : aux RH, au N+1 du participant, et/ou vers un professionnel de la santé mentale.

En coaching

Là aussi, la formation PSSM a validé notre pratique. Chez Cogit', les coachs s'appuient sur des réflexes figurant au cœur du plan d'action du secouriste : écouter sans jugement, reformuler, poser des questions ouvertes, utiliser le silence comme outil de l'effet miroir, laisser à la personne le temps de dire ce qu'elle vit.

Un coach sait où s'arrête son domaine d'intervention : passer le relais à des professionnels de santé quand la situation l'exige fait pleinement partie de la démarche d'accompagnement, tout comme alerter l'entreprise (RH, N+1 du coaché) si nécessaire, dans le cadre fixé par le contrat de coaching.

Et pour les managers ?

Un manager est souvent le premier à voir les changements de comportement chez les membres de son équipe. Repérer les signaux, oser une question juste, écouter sans juger, orienter vers les bons interlocuteurs : ce sont précisément les postures abordées dans notre formation pour coacher son équipe et intervenir avec justesse dans les situations sensibles.

Pour un manager, préserver sa propre santé mentale est prioritaire. Pour cela, trois leviers : gérer son stress, gérer son temps et ses priorités, et communiquer de façon assertive pour exprimer ses besoins.

En conclusion

Chez Cogit', cette formation confirme notre approche, à la fois dans nos formations, dans nos coachings et dans notre offre d'accompagnement. Cette sensibilisation à la santé mentale a du sens dans un monde qui gagnerait à prendre un peu plus le temps de s'écouter, pour continuer à évoluer en toute sérénité.

Céline

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